Parce que Pokaa est à la pointe des évènements sportifs strasbourgeois, on a pu couvrir l’EuroTournoi, rendez-vous majeur du début de saison de handball. Notre reporter intrépide a donc été lancé dans le bain. Mais savait-il nager ? Telle est la question… On a retrouvé son journal de bord, qu’il a tenu pendant ces quatre jours.

Jeudi : À la recherche de la tribune presse

17h45 : J’arrive au Rhénus assez en avance, c’est important pour commencer une exploration en bonne et due forme. Je suis assez fier de mon accoutrement, ma pol’ch’mise grise me va à ravir (mix entre le polo et la chemise, ndlr).

17h46 : Première galère : par où est-ce qu’on rentre ? Je répète inlassablement la même question « Excusez-moi, vous savez où se trouve l’entrée presse ? » Ils auraient pu flécher…

17h55 : Je trouve enfin l’entrée. J’arrive devant le bureau qui va me donner le sésame tant attendu : mon accréditation presse. Petit moment de fierté.

Elle est pas belle mon accrèd?

17h55 et dix secondes :  Bon, c’est bien beau l’accréditation, mais si tu sais pas où aller, c’est compliqué. J’entends du bruit, sans doute une meute de journalistes. Je suis les sons et arrive dans l’espace presse.

18h : Ma Carola verte en main, je passe en mode explorateur. Sans chapeau ni lasso, mais avec la meilleure volonté du monde. Je demande où est la tribune presse. On me répond « il faut monter un grand escalier. »

18h04 : Strasbourg, on a un problème : l’escalier est introuvable. Je déambule dans le Rhénus. Mon choix de polo/chemise (on appelle cet accoutrement pol’ch’mise dans le milieu, ndlr) se révèle être une erreur stratégique de premier ordre, puisque ma chaleur corporelle est telle que je change de couleur. Note pour demain : je mets du blanc.

Qu’est-ce qu’il y a tout en haut ? Surprise surprise…

18h06 : Ô miracle ! Je trouve le grand escalier. Même pas peur, je vais lui faire la peau.

18h08 : Je suis toujours en train de monter les marches. Il me mène jusqu’à Sauron cet escalier ou quoi ? Je ne dois pas trop être éloigné de la vérité, parce plus je monte, plus il fait chaud.

18h13 : Je m’installe enfin. La tribune presse n’est pas la plus confortable du monde. Les chaises sont par ailleurs très cocasses, et en piègent plus d’un.

Chaises de malheur

18h15 : Noir complet. Le speaker arrive et la présentation des équipes commence, avec une sono qui tourne à fond. Soudain retentissent les noms des frères Karabatic, Luc Abalo et bien évidemment notre Thierry Omeyer régional. Grosse ovation pour tous nos champions français. Le match va débuter incessamment sous peu. Je suis chaud !

18h37 : Je m’ennuie un peu.

18h45 : C’est la mi-temps et je profite de ces quinze minutes de pause pour aller voir l’entraînement de Thierry Omeyer.

19h12 : Les coups se font un peu plus appuyés, la sono suit le mouvement avec du AC/DC à fond les ballons – larsen compris. C’est bon, le ton est donné, ça va aller crescendo.

19h14 : Stupeur dans la salle : la Macarena est lancée.

19h15 : Je danse la Macarena.

19h22 : Gros enchaînement des familles de la sono, qui n’a peur de rien. Après la Macarena, on a le droit à Cotton Eyed Joe, 99 Luftballons puis un petit Chihuahua qui passe étonnamment bien. Je suis confus. Mais je danse.

Luka Karabatic, en pleine action. Crédit @Eurotournoi / L. Jordhery

Le petit point handball : Dans une ambiance de début de tournoi, le PSG s’impose finalement face à Brest 35 à 29. Le match a mis du temps à démarrer, mais Niko Karabatic est une machine et un vrai leader, menant à la perfection une équipe de Paris encore souffreteuse et qui a besoin d’actions individuelles pour s’en sortir. Personnellement, j’ai bien aimé cette première expérience, mais je me réserve surtout pour le second match de la soirée, remake de la finale de la dernière Ligue des Champions.

20h15 : Présentation des équipes de Nantes et Montpellier, tout de suite une autre ambiance. Magnifique minute d’applaudissements pour Christian Carl, le président de l’EuroTournoi mort récemment.

20h32 : Dès le début de match, une chose est claire : les supporters montpellierains décident de mettre feu au Rhénus. La sono se sent menacée dans ses œuvres et réplique avec le thème de Mission Impossible.

Le parfait petit reporter illustré

20h51 : J’ai à côté de moi des journalistes fans de Montpellier, qui décident de commenter toutes les actions. Ce qui est très drôle.

Le petit point handball : Après une première mi-temps équilibrée, où les deux équipes se sont rendues coup pour coup (15-15 à la mi-temps), c’est finalement Montpellier qui s’impose 31 à 27, au terme d’un beau match, qui a quelque peu faibli sur la fin. Les supporters de Montpellier ont bien poussé leur équipe, qui prend une option pour la qualification en finale dimanche.

22h30 : Mes affaires rangées, je quitte enfin le Rhénus. Une première journée éreintante, où j’ai couru un peu partout en n’étant pas habillé pour la situation. Demain : objectif buvette.

Vendredi :  La Knack providentielle

18h : J’arrive au Rhénus avec ma bonne résolution de la journée : je porte du blanc. Je ne vais pas suer comme la veille.

L’endroit où j’ai passé le plus de temps ces quatre derniers jours

18h10 : Alors que je me dirige vers la tribune presse, je tombe près des vestiaires sur l’équipe de Veszprém à Nantes. Ils sont beaux. Je sors mon portable pour essayer d’obtenir leur 06. Les respos sécurité pensent que je veux prendre une photo et me font comprendre que c’est pas possible. Déception.

18h15 : Les supporters de Veszprém beaucoup trop chauds. Et que ça chante, et que ça tape dans les tambours !

Cœur sur vous les amis

18h20 : La sono est brûlante elle aussi, bien accompagnée par un speaker qui doit prendre quatre Lysopaïnes par soir.

Le petit point handball : Les handballeurs nantais, déjà bien bâtis, paraissent frêles à côté des joueurs de Veszprém, golgoths de plus de deux mètres sur deux mètres – à l’œil. Bien aidés par un gardien qui ressemble au Mur de Berlin (18 arrêts dans le match !), les Hongrois s’imposent sans jamais avoir été réellement inquiétés 28 à 24, et sont lancés vers une jolie finale pour la première place contre Montpellier.

19h47 : C’est l’heure de la pause, et donc le retour de l’exploration. Je descends les escaliers.

19h49 : Toujours équipé de mon accréditation presse qui ne me quitte plus le cou, j’atteins la fin des marches. Comment est-ce que je prends plus de temps à descendre qu’à monter ?

19h54 : Une fringale me prend : c’est le moment de tester la buvette. Là, devant mes yeux ébaubis, se dresse le paradis de l’Alsacien : bières, knacks et bretzels, le tout à volonté ! Je prends ma Carola habituelle, et me mets en chasse de la Knack. Celle qui apaisera ma fin, avec du ketchup et du pain.

#nofilter

19h56 : Tout en mangeant, je discute avec une des bénévoles qui tient la buvette, cet oasis en terre inconnue, et qui semble connaitre tout le monde. Les coulisses de l’EuroTournoi sont donc pour moi l’occasion d’en apprendre plus sur le fonctionnement d’un évènement d’une telle ampleur. Des centaines de bénévoles des clubs de handball d’Alsace viennent apporter leur pierre à l’édifice, pour que tout se passe le mieux possible.

Le drapeau de l’Eurotournoi, qu’on aura souvent vu cette semaine

20h15 : Présentation de l’équipe de Skopje. Qu’est-ce qu’ils sont grands ! Y en a qui fait 2m15 bordel. Tu touches quasiment les étoiles avec ça.

21h55 : Le PSG, qui a couru derrière le score tout le match, recolle enfin à 31-31. Le Rhénus explose.

Le petit point handball : Le match du PSG commence mal pour l’équipe française. Elle se fait cueillir à froid par les macédoniens de Skopje, qui ont une défense avec trois golgoths de plus de 2m, dont le fameux gratte-ciel. Ça joue sec, violent, un match qui n’a plus rien à voir avec la préparation initiale. Niko Karabatic montre encore une fois qu’il est l’un des tous meilleurs joueurs de l’histoire du jeu, en prenant le jeu à son compte, alors que son équipe patine dans la choucroute. Finalement, 33 partout, match nul, et Paris devra attendre demain pour savoir si elle passe en finale.

On l’appelle Mr. Karabatic. Crédit @Eurotournoi / L. Jordhery

Samedi : Le troisième jour en mode express

Quand tu es déjà depuis deux jours à explorer les recoins d’un bâtiment finalement pas si grand, il ne reste plus grand-chose à voir. La lassitude s’empare de moi. Je connais tous les chemins menant à la tribune presse. Du coup, on va la faire courte.

Nos petits champions

La jeune équipe française, toute de noir vêtue, s’impose, 33 à 30.

Pour les pros, Brest s’impose 32 à 22. Le PSG passe donc en finale. De son côté, Montpellier s’impose face à Veszprém, 28 à 24 et rejoint l’équipe de la capitale. On va avoir le droit à une finale champagne !

Dimanche : Jour de fête

13h : Armé de ma pol’ch’mise grise, je suis chaud. Littéralement. Je n’apprends pas de mes erreurs.

Ce décor chaleureux va presque me manquer

13h23 : Je discute avec les bénévoles de l’évènement, racontant mes impressions mais aussi recueillant les leurs. Beaucoup de fatigue, mais également de fierté d’organiser année après année un évènement d’une telle ampleur.

13h26 : Je pense que ces escaliers vont finir par me manquer. Syndrome de Stockholm sans doute.

13h37 : Sweet Caroline à la sono, le public se met à chanter le refrain, je suis le mouvement de bon cœur.

14h26 : Ola générale. Belle ovation pour Nantes, qui finit bien son tournoi.

Nantes a bien su se regrouper pour accrocher la cinquième place

Le petit point handball : On sentait que c’était un peu un match pour du beurre. Moins de motivation de part et d’autre, même si Nantes avait à cœur de bien finir son tournoi. Ce qu’elle réussit à faire, dans une belle ambiance, surtout dans les dernières minutes. Victoire 29 à 27 pour les Français, qui finissent donc à la 5ème place.

14h38 : Qu’est-ce que j’aime les supporters de Veszprém ! Alors que les Lacs du Connemara retentissent, ils décident de faire battre leur tambour assez fort pour couvrir la sono. Merci à eux !

14h43 : Désormais c’est Le Bal Masqué qui retentit. La sono se lâche en fin d’EuroTournoi ! Je chante. Au bal masqué ohé ohé/Je n’ai aucune volonté/Au bal masqué.

14h50 : La sono veut ma mort. Ça passe Despacito. Suivi d’un larsen des familles. Moi j’dis, c’est pas une coïncidence.

Il est sympa le gardien de Nantes, mais il prend pas de knacks. Crédit @Eurotournoi / L. Jordhery

15h13 : Pour éviter la sono, je me dirige vers la buvette, où je croise le gardien de Nantes. Je lui conseille la bière et les knacks. Il ne prend que la bière. Pauvre de lui.

Le petit point handball : C’est finalement le Meshkov Brest qui s’empare de la troisième place de l’EuroTournoi, en battant Veszprém 27 à 26, au bout d’un match pas vraiment passionnant. Les joueurs hongrois ont bien tenté d’amorcer un retour, avec le soutien de tout le Rhénus, mais ont manqué de jus dans les dernières minutes. Une déception pour les supporters hongrois, qui ont été exemplaires de bout en bout.

16h45 : Les gens sont partis se ressourcer à la buvette. Je pars me cherche un dessert.

Le sucre, c’est la vie

17h07 : Non Magic System, je ne veux pas lever mes mains en l’air.

17h37 : Ovation du Rhénus pour la rentrée de Thierry Omeyer. Il montre vite qui c’est le patron, en enchaînant quelques arrêts de grande classe.

17h44 : J’en suis à ma quatrième Carola de la journée. Qu’est-ce qu’il fait chaud !

17h46 : Un cameraman manque de se prendre un ballon en pleine poire. Taquine, la sono met la Macarena.

Une attaque du PSG efficace. Crédit @Eurotournoi/L. Jordhery

18h06 : Pendant la mi-temps, les plus jeunes s’amusent à jouer au hand en bas des escaliers. C’est mignon.

18h10 : Une question me taraude : pourquoi la sono passe-t-elle Les Démons de Minuit, alors qu’il n’est pas minuit ?

18h15 : Je réalise que c’est sans doute la dernière fois de l’EuroTournoi que j’entends Cotton Eyed Joe. #ému

Le petit point handball : Après une entame compliquée, le PSG est passé devant à la pause, et peux remercier Thierry Omeyer, auteur de quelques arrêts déterminants. Montpellier semble émoussé par son gros match de la veille. Et en effet, Paris prend progressivement le contrôle de la rencontre au sortir des vestiaires, et ne lâchera plus son avance. Plus fort et plus frais, le PSG s’impose 33 à 30, et remporte la 25ème édition de l’EuroTournoi !

Titi a envoyé du rêve pour sa dernière à l’Euroturnoi <3 Crédit @Jean-Marc Loos/Maxppp

19h01 : BANG ! Les canons se déclenchent, la sono balance We are the Champions. Le PSG reçoit son titre. C’est l’heure de partir.

19h15 : Je dis au revoir à tous les bénévoles que j’ai pu rencontrer durant le tournoi, jette mes bouteilles et passe une dernière fois près du vigile devant l’espace presse qui me fait un petit signe de la tête. Je sors. C’est fini.

 

L’EuroTournoi a été une expérience aussi bonne qu’éreintante. Quatre jours à faire la même chose, c’est pas de la limonade. Mais j’ai pu rencontrer de belles personnes durant le tournoi, pas celles qui le couvrent, mais plutôt celles qui lui permettent de continuer à fonctionner chaque édition qui passe. J’ai en outre pu voir du beau handball. Je vous laisse, je vais me reposer. Pour me préparer à une vie sans knacks ni Carola verte à tous les repas. Je sens que ça va être difficile.

Photo de couverture : Crédit @Eurotournoi/L. Jordhery

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