Anthony Vernagallo a 27 ans, il est strasbourgeois et il vit à Paris. Adolescent, il rêvait de bosser dans l’art et de partir à Londres pour devenir une rockstar, grâce à son groupe de musique, monté avec des potes. Finalement, c’est dans la capitale française qu’il a atterrit et la musique s’est transformée en études de cinéma. Mais son rêve de succès entre amis reste un pari réussi puis qu’aujourd’hui, c’est déjà la troisième saison de « Tony les Animots », son dessin animé crée à l’aide de son équipe de potes, qui va être diffusée sur Canal +.

Un parcours atypique et un garçon plein d’idées, d’humour et de folie

Anthony, c’est un jeune homme qui ne manque pas d’imagination, ni de créativité. Quand on lui parle de son parcours, il nous confie avec malice : « Tout a commencé quand je suis né, en février 1991 ». Adolescent, il monte un groupe de rock « The Rural Serial Killer » avec Jacques (oui oui le fameux Jacques qui tourne à fond dans l’électro délurée désormais).

Tout deux rêvent d’une success story en Angleterre, mais finalement Anthony sera accepté en école de cinéma à Paris. Jacques, ainsi qu’une bonne partie de ses potes, vont venir s’installer eux aussi dans la capitale. En 2011, ils réunissent leurs capacités et leurs connaissances ( montage vidéo, ingé son, journalisme…) et sont un peu plus de 12 à créer le collectif « Pain Surprises ».

Le concept : organiser des soirées complétement dingues dans le 8 ème arrondissement de Paris. « Pain Surprises » porte bien son nom, line up gardée secrète jusqu’au bout, happenings… les organisateurs rivalisent d’imagination pour créer des soirées surprenantes et délirantes, du genre : applaudir un artiste en live tout en restant allongé, assister à un concert dans une chambre d’hôtel, participer à un concours de burkas mouillés ou se voir offrir des shooters dans un confessionnal après s’être délesté de ses pêchés.

Un concept totalement barré qui saura conquérir le public parisien puisqu’en 2016 pas loin de 4.000 convives se sont présentés à la soirée du collectif au Wanderlust, bar et club parisien en plein air sur le quai d’Austerlitz. Mais « Pain Surprises » ne s’est pas contenté d’organiser des soirées ; en 2013, le collectif devient label en signant son premier groupe Jabberwocky.

Des soirées à la pub…

Anthony qui s’occupait des teasers pétillants des soirées « Pain surprises » est contacté par différentes marques séduites par ses vidéos. C’est ainsi qu’il crée la publicité « Can you Sock me ? » pour la marque de chaussettes Burlington.

Suite à cela, il intègre une agence de pub afin d’approfondir dans ce domaine, mais très vite il s’aperçoit que le fait de travailler pour un patron va à l’encontre de sa créativité et de son désir de liberté.

Il crée alors sa propre agence de pub au sein du collectif, et travaille notamment pour l’Oréal. Le but, faire grandir les jeunes marques et rajeunir les plus vieilles. Anthony confie : « Finalement, j’ai rapidement lâché la pub, c’est un milieu où il y a trop d’ego créatif, je voulais me libérer de tout ce vortex insupportable ». Suite à cela, il traversera six mois de vide, à créer des vidéos internet, dont le 19/19. Une idée qui lui vient avec la sortie de l’application périscope (diffusion de vidéo en direct) : en effet, tous les jours à 19h19, Anthony apprend à son public à « devenir un homme parfait » ou à « faire vibrer un stade tout entier » dans des vidéos loufoques en direct.

Puis de la pub à Canal +…

Erik Empatz, rédacteur en chef du Canard Enchaîné, et India Mahdavi designeuse reconnue, amusés par ces vidéos, présenteront Anthony à Antoine de Caunes. Le feeling passe immédiatement avec ce dernier qui demande à Anthony de lui proposer quelque chose pour le Grand Journal. Entre temps, le présentateur de la chaîne se fait remercier de l’émission, mais en crée une nouvelle « l’émission d’Antoine » dans laquelle Anthony deviendra chroniqueur sous le nom de Tony la Thune.

Personnage provocant et baratineur, il vend des objets de sa propre invention à coups d’arguments irrésistibles, tels que le sac à dos lit pour pouvoir dormir debout ou la carbonarobe, première robe mangeable avec son sac « pot de crème fraîche ». Tony donne aussi les bons plans business, comme : « comment se faire de la thune avec la nudité ? » Ou « se faire de la tune avec les canulars ».

 

 

Suite à ça, Anthony créera encore quelques expansions de lui, sorties tout droit de son imagination tels que Tony la Culture, ou Tony le Test qui essaye des trucs originaux du genre le restau naturiste, l’apnée avec le champion de France ou le lancer de haches.

Puis progressivement, une idée de dessin animé qui émerge

Fan de documentaires animaliers, Anthony décide de les détourner pour en faire une sorte de parodie animée, où Tony, un documentariste hipster, va à la rencontre d’animaux rigolos aux noms en jeux de mots, tels que le sangliérisson ou l’escargorille.

Tony n’aimant pas le monde tel qu’il est car il en connait déjà tout, s’invente un monde imaginaire, avec des animaux et des territoires bizarres ; on peut y trouver par exemple le dessert du Zahara. Un univers coloré et poétique dans lequel on embarque avec le traditionnel « Salut la famille ! » lancé par Tony à chaque début d’émission.

Les nombreuses références politiques et sociales (un peu comme dans South Park ou les Simpsons), les jeux de mots et l’absurde, rendent ce dessin animé accessible à tout public. Crée en collaboration avec deux de ses amis, Ana Toros à l’illustration et Arnaud Toulon qui gère la musique et l’ambiance sonore, le pilote a plu à Arielle Saracco directrice des programmations des créations originales chez Canal +.

La première saison diffusée tous les dimanches à 12h45 en clair, connaît un succès qui lui vaudra une deuxième saison. La troisième est déjà dans la boîte, sa diffusion débutera en septembre. Anthony confie avoir crée tous ces Tony comme autant de facettes de sa personnalité. Cependant, il aime à penser que Tony le documentariste du dessin animé est une personne à part entière qui vit désormais sa vie. Il a d’ailleurs répondu à la boîte à question Canal + par lui même.

Personne attachante par son côté léger et un peu perché, Anthony vit à 100 à l’heure et son imagination déborde d’idées constamment. Malgré quelques projets avortés (tel que le concept de récupérer des bandes d’épilation usagées pour les envoyer à VEET en mode « une bande d’épilation usagée = un arbre planté pour lutter contre la déforestation », tout ça, tout ça.), ou l’Ininterview, qui consistait à interroger l’ininterrogeable, tel qu’une fourmi ; Anthony n’a jamais rien lâché et a continué à suivre ses envies.

Il est d’ailleurs d’ores et déjà lancé sur le projet d’une BD et d’un film. Touche à tout, il rêve de créer également un jeu vidéo, de faire du cinéma et des expos… et attend une réponse pour potentiellement animer sa propre émission sur Canal + à la rentrée. Un grand rêveur qui, j’en suis sûre ne s’arrêtera pas sitôt de nous partager sa douce folie.

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