Après vous avoir invité à poser un autre regard, ne serait-ce que l’espace d’un article, sur les très critiqués quartiers Danube et Esplanade, cap sur le très coté quartier Orangerie… Et deux de ses secrets les mieux gardés, et pourtant les plus parlants.

Le quartier Orangerie tel qu’on le connaît

Au nord-est de Strasbourg se trouve le quartier Orangerie. Pour être allé ne serait-ce qu’une fois au parc auquel il doit son nom en vélo depuis la Grande-Île, tu as vite fait l’addition : immeubles bourgeois aux façades ravalées, avant-jardins richement arborés et parfaitement tenus, consulats aussi nombreux qu’immaculés, maisons de maître discrètes et néanmoins évidentes… En remontant à travers le quartier Forêt-Noire jusqu’au quartier Orangerie, tu comprends que tu t’enfonces dans un quartier privilégié. Trusté par les hauts-fonctionnaires et les professionnels libéraux (diplomates, avocats, architectes), pour la proximité des institutions européennes mais aussi l’architecture de style germanique de la fin du XIXème siècle qui caractérise le quartier, c’est en effet le quartier le plus cher de la ville, avec un prix moyen au mètre carré avoisinant les 5.000€.

Mais voilà : le quartier Forêt-Noire, apprécié des vieux universitaires embourgeoisés, n’est pas l’unique voisin du quartier Orangerie. À l’est, coincé entre le jardin botanique et le port du Rhin, l’Orangerie et l’Esplanade, se trouve le plus modeste quartier Vauban*. Avec un parc immobilier composé à presque 50% de logements sociaux, ce quartier est lui davantage habité par des ouvriers et des employés que par des cadres. Et ce qui est intéressant, c’est que la frontière entre ce quartier somme toute modeste et le quartier évidemment privilégié de l’Orangerie se ressent physiquement. Rue d’Ypres, qui sépare géographiquement les deux quartiers, on passe d’un ensemble résidentiel brutaliste mais pas dénué de beauté (qu’on appellera le clos Vauban à défaut de nom) à un ensemble résidentiel luxueux, lui nommé le Bon-Pasteur. Vous ne le connaissez pas ? C’est normal. À 800.000€ l’appartement minimum, ce lieu pourtant étendu, équipé d’un lac artificiel et collé au parc de l’Orangerie, est surtout connu de quelques happy few privilégiés. Promenade à la frontière strasbourgeoise qui sépare les 99 et les 1%.


*D’après Google Maps ; administrativement, le quartier Vauban est compris dans le quartier Orangerie-Conseil des XV. Avant d’y être assimilée, la partie Conseil des XV comprenait le clos Vauban, mais aussi les alentours bourgeois du Bon-Pasteur, un ensemble très varié socio-économiquement. Pour le propos de cet article, on retiendra la distinction plus claire permise par le quartier Vauban.

Le quartier Vauban tel qu’indiqué par Google Maps, la rue d’Ypres et au-dessus, le Bon Pasteur dans la continuité de l’Orangerie.


LA SÉRIE PHOTO
Pour plus de photos de ce genre, c’est par ici :
instagram.com/strasbourgeon

Quartier Vauban, entre les numéros 44 et 54 de l’avenue de la Marne, un ensemble résidentiel brutaliste se distingue par ses multiples façades quadrillées.

À l’intérieur de l’ensemble ouvert sur l’extérieur (mais privé, vous voilà prévenus), on tombe sur une cour arborée dans laquelle jouent les enfants et discutent les familles.

La verdure adoucit l’architecture moderne du clos.

L’ensemble résidentiel, d’apparence discrète, étonne par son étendue.

Le soir, les voix qui s’échappent des appartements viennent résonner dans la cour. On entend un peu toutes les langues, et on sent un peu toutes les cuisines.

L’ensemble est essentiellement (mais pas seulement) habité par des familles, des retraités et des personnes isolées de classe populaire à moyenne.

Rue d’Ypres, l’église Saint-Bernard (pas le chien, l’autre) marque la sortie du clos, mais aussi la fin du quartier Vauban… Et le début du quartier Orangerie.

Deux salles, deux ambiances : de l’autre côté de la rue d’Ypres, bienvenue au Bon-Pasteur. Au fond à gauche, on aperçoit le clos Vauban.

Emménagé à la fin des années 90 sur le terrain du couvent démoli du même nom, le Bon-Pasteur se compose de résidences cossues posées autour d’un lac artificiel, le tout entouré d’un écrin de verdure.

Comme au Clos Vauban, la verdure vient adoucir l’architecture moderne de l’ensemble résidentiel.

La comparaison s’arrête là : ici, comptez au moins 800.000€ pour un rez-de-jardin de +/- 125m2.

Et on ne vous parle même pas du prix des rooftops en duplex…

À mesure que les résidences s’éloignent du lac, la verdure s’amenuise et l’architecture unique du lieu se fait d’autant plus impactante.

Au fond du clos, les bâtiments se font un brin moins luxueux. Ne vous y trompez pas : ce n’est que pour mieux laisser place à une crèche et un gymnase.

Le Bon-Pasteur ou la cité des riches


Pour en apprendre et en voir plus sur le Bon-Pasteur, c’est ici :
http://www.archi-wiki.org/Adresse:Le_Bon_Pasteur_(Strasbourg)

Plus d'articles