La Meinau va changer de tête vers la fin 2020 ! C’est en tous les cas le souhait de l’Eurométropole de Strasbourg, en parfait accord avec la Région, le Département et la Ville de Strasbourg. Un projet ambitieux, dans le but de consolider la place du Racing en Ligue 1 (Conforama).

Le stade de foot est une enceinte où les lois de la vie se répètent. Ce n’est pas moi qui le dit, mais Peter Handke, dans son ouvrage Die Welt im Fußball. Ce n’est pas un simple endroit où l’on se réunit pour boire des bières, manifester notre soutien à l’équipe de notre cœur au moins aussi fortement que nos réprobations quant aux décisions arbitrales. C’est un lieu de rencontre, entre des personnes qui ne se connaissent pas, mais qui, le temps d’un match, vont regarder la même chose. Avec des expériences et une vision du football différentes, mais la même chose néanmoins.

Crédit @Maxppp

La Meinau, plus qu’un stade, une « deuxième cathédrale »

À Strasbourg, la Meinau est méer as a Füesbàlplàtz (ndlr : je ne suis pas sûr sûr j’ai fait la traduction au feeling, pas taper). Il n’y a qu’à voir le nombre d’abonnés pour cette année pour s’en convaincre : plus de 19 000, record de l’année dernière annihilé. De plus, le football intéresse énormément de monde à Strasbourg, regardez juste les affluences dans la fan zone des Deux Rives pour vous convaincre. L’Alsace comporte de nombreuses merveilles, et notre vieille Meinau y figure en bonne place. C’est pour cela que la question de l’emplacement d’un nouveau stade n’a même pas pris une nanoseconde : c’est la Meinau, et rien d’autre !

Marc Keller, maître suprême du Racing Club de Strasbourg. Crédit @Alain Fontanel

Les différentes parties travaillent de concert

Depuis la reconstruction du Racing à partir de la cinquième division nationale en 2011, les différentes collectivités réussissent souvent à s’accorder envers les politiques à choisir. Notamment l’Eurométropole, qui possède le stade de la Meinau. Il faudra à nouveau travailler de la même manière, puisque l’effort monétaire pour de tels travaux est tout sauf anodin. Le projet tourne en effet aux alentours des 100 millions d’euros, desquels les différentes collectivités publiques s’acquitteront d’environ 60% de la somme. Ce qui fait que – c’est dans ces moments-là que je suis content d’avoir fait S – le Racing devra trouver 40 millions, c’est-à-dire l’entièreté de son budget pour l’année 2018/2019. Il y a donc une réelle nécessité de se maintenir encore quelques années dans l’élite pour l’équipe de Thierry Laurey, puisqu’une relégation mettrait le club en difficulté.

Présentation de l’équipe du Racing lors de la Fans Day du 22 juillet 2018. Crédit @Alain Fontanel

Une ambition de faire de la Meinau un endroit central de Strasbourg

Il y a toutefois une réelle volonté de croire au Racing et dans le futur d’un club qui est désormais extrêmement bien géré par Marc Keller. En outre, pour permettre au Racing de se pérenniser dans l’élite, le stade peut jouer un rôle majeur. Le club voulant atteindre dans un futur proche un budget de l’ordre de 50 millions d’euros, les revenus provenant de la billetterie représentent une recette non négligeable. D’où l’idée d’augmenter le nombre de places aux alentours des 32 000 ou 33 000 places d’ici 2024 au plus tard, pour 27 500 à l’heure actuelle. Si la somme de 100 millions d’euros peut paraître disproportionnée pour augmenter la capacité de « seulement » 6 000 places, ce n’est clairement pas le seul ajout. La toiture serait remplacée par une enveloppe translucide, qui protègerait des températures alsaciennes souvent ingrates. Il y aurait également la création d’une fan zone à l’entrée principale du stade, pour permettre aux gens de se retrouver dans un lieu commun avant et après le match. Si cela se fait, cela serait un coup dur porté à la Pizza de Nico ou au McDo situés juste avant le stade.

De plus, le but est à moyen terme de rentabiliser la Meinau en-dehors du football. De transformer le stade en « ze place to be », un peu à la manière d’équipes comme Lyon ou Liverpool. Organiser des séminaires, un restaurant, bref, rendre le lieu fonctionnel en dehors des soirs de matchs. De manière à établir la Meinau comme un endroit central de la vie strasbourgeoise.

La mascotte de nos Bleus et Blancs, fidèle au poste. Crédit @Alain Fontanel

La Meinau, j’y vais depuis 1998. Je suis passé par les victoires en Coupe et notamment un parcours européen qui m’a fait rêver. Par le duo magique Pagis-Niang. Par les époques plus sombres où on nous promettait la lune, pour finalement qu’on ne voit que malversations et profonds désaccords. Puis la renaissance, entamée dans la passion de quelques-uns, qui s’est désormais transformé en fureur globale. Au milieu de tout cela, comme un phare au milieu de tout : la Meinau. J’y suis allé, j’y vais encore cette année et j’espère y retourner pendant encore de longues années. Alors s’il vous plaît, ne gâchez pas ce stade, et prenez bien vos précautions avant d’entamer les travaux. Pour que l’on ait un Racing qui s’installe durablement, dans une Meinau qui résonne encore plus fort.


La Meinau va être rénovée et agrandie

Les travaux commenceront, si tout va bien, vers la fin 2020

Livraison du stade rénové début 2023


Crédit @Alain Fontanel

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