Ce vendredi, samedi et dimanche avait lieu la 25e édition du Festival Décibulles, à Neuve-Eglise dans la vallée de Villé (67). Pour cette édition anniversaire, le festival accueillait des têtes d’affiche comme Jain, Petit Biscuit, Roméo Elvis ou encore Catherine Ringer… et la finale de la coupe du monde ! Parce que musique et foot peuvent faire bon ménage, parole de survivante ! Voici un journal de bord de ces trois jours de folie complète.

Vendredi, jour 1

20h30 et des poussières, nous sommes dans la queue pour rentrer sur le site de Décibulles. Il fait chaud, les gens se poussent et râlent tandis qu’on entend au loin Roméo Elvis qui débute son concert.

Faut dire que le trajet qui nous a conduit jusqu’au site du festival fut mouvementé. Après avoir couru derrière le tram pour rejoindre la gare à temps, manqué de prendre le mauvais train à cause de ma connaissance toute approximative de la géographie alsacienne, après avoir embarqué deux passagers supplémentaires dans un covoiturage improvisé pour rejoindre le festival, nous voilà enfin arrivés sur place, suant, coulant et déjà un peu fatigués.

Impatients et un peu à bout de nerfs, nous grimpons le flanc de la colline en pensant avec délice à la bière fraîche qui nous attend. Mais notre soif est vite oubliée lorsque nous débouchons sur le site, et que nous prenons dans la tronche une vue sublime sur la vallée où le soleil nous offre ses derniers rayons. Au-delà du grand panneau « Toilettes sèches », le jour s’éteint dans des teintes bleutées et orangées, alors que Roméo Elvis est en train de chanter « Oups je l’ai touché dans le cœur ».

Oups Décibulles tu nous a touché dans le cœur. Là tout de suite, on se dit que le jeu en valait la chandelle et qu’on est au bon endroit. Et on est heureux comme des rois, en se déhanchant sur la musique déjantée de Catherine Ringer.

(Et encore, on ne savait pas qu’on allait gagner une coupe du monde !)

Samedi, Jour 2

Arrivés sur le site en début de soirée, nous somme accueillis par un  « brassgang de rue », au style vestimentaire indescriptible (à choisir, je parlerais de costumes façon dinosaure punk). Le groupe répondant au doux nom de Mortal Combo déambule dans la foule en soulevant des nuages de poussière. On se balance au son des cuivres et ça met bien en joie pour le reste des festivités.

Le pogo géant lors du concert du groupe de métal parodique Ultra Vomit a sans doute été l’un des clous du spectacle de cette soirée du 14 juillet. Dans la chaleur corporelle et la poussière, la foule se bouscule avec frénésie, mais toujours dans une ambiance bon enfant.

Le final de cette soirée est assuré par l’électro furieuse de Carpenter Brut dans un show magistral.

Dans la foule, je repère quelques pépites de déguisements sans lesquels le festival ne serait pas le même :

Dimanche, Jour 3

Les campeurs ont droit à de violentes saucées, le tonnerre gronde dans la vallée de Villé et Décibulles se transforme progressivement en gadoue-land. Mais rien n’arrête les festivaliers qui s’empressent de rejoindre le site aux alentours de 17 heures où la finale France-Croatie est diffusée sur un écran géant.

Les puristes auront choisi de zapper le foot et d’aller profiter à fond de l’excellent duo hybride Chill Bump.

Mais beaucoup de festivaliers préfèrent se rassembler à l’ombre des arbres, un endroit stratégique où l’écran de foot est visible et où l’on peut pleinement profiter du son des deux artistes.

Cela donne une expérience assez inoubliable : la puissance du flow accompagne les allers-retours du ballon rond tandis que les festivaliers rassemblés devant l’écran bougent la tête, dansent en symbiose.

La suite, vous la connaissez ! De cette explosion de joie décibullienne, les images parlent mieux que les mots :

Un des moments les plus marquants de cette édition bullée a lieu juste après la victoire des bleus, lorsque le rappeur Gaël Faye monte sur scène.

Il se passe un truc, il y a un frisson quand le chanteur entonne son Paris métèque, dont les paroles font écho à l’aspect bigarré et éclectique de notre équipe de France.

Et à l’instant où son acolyte de scène Louxor balance les premières notes d’un I wil survive revisité, la foule est en liesse.

Quoi de plus fort et de plus beau que cet artiste qui prend le temps de prononcer des mots justes : au-delà des discours de récupération politique, ce qui compte vraiment, c’est ce que l’on partage tous en cet instant au-delà les kilomètres, sur les flancs de la vallée de Villé comme dans le reste de la France.

La soirée est clôturée par Jain qui enflamme Décibulles à coup de Makeba et de brisage de frontières culturelles et musicales. C’est bon, c’est entraînant et grisant, à l’image d’une édition des 25 ans particulièrement festive.

Une pensée aux bénévoles toujours souriants que j’ai croisé, notamment au petit monsieur des navettes de bus pour sa bienveillance à notre encontre, ou à la dame du point Bulles qui essayait tant bien que mal de suivre le match. C’est aussi grâce à leurs petites mains que nous avons passé trois jours déments. 

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