Photo de couverture : Bartosch Salmanski (www.128db.fr)


Jusqu’en octobre, l’Espace Django vivra comme toujours au rythme des concerts, mais aussi des travaux ; au programme, un patio plus grand et mieux tourné vers le parvis du centre culturel, qui sera transformé par le collectif AKPE (voire la rue du Jeu-des-enfants). Le but : confirmer que la salle du Neuhof est un lieu de vie à part entière plus qu’un simple lieu de consommation culturelle.

« On monte en puissance. » Pierre Chaput, le directeur du centre, est formel : loin d’être un aveu de faiblesse, les travaux entrepris dans l’Espace Django depuis quelques semaines et pour une durée d’encore trois à quatre mois accompagnent un développement logique. Après deux premières années de gestion réussies au nom de l’association Becoze, retenue par la Ville de Strasbourg pour animer cet équipement public créé en 2010, il est temps de passer du fonctionnel au confort : « Depuis 2016, on a appris à maîtriser l’outil. Maintenant, il faut l’affirmer, l’enraciner. »

Photo : Bartosch Salmanski (www.128db.fr)

  • L’esprit Django, entre projet culturel et projet territorial

L’affirmer auprès de ses usagers et l’enraciner au sein de son quartier. Car au-delà du projet artistique porté par le centre culturel, la salle de concert défend aussi une vision sociale, aussi concernée par les enjeux de la musique actuelle et notamment l’insertion et la rétribution des musiciens, que les besoins de son quartier d’implantation, le très cosmopolite Neuhof. Dans ce quartier aux cinquante nationalités, trop souvent abordé sous le seul angle de la délinquance, l’Espace Django veut être « une salle de proximité avec un écho » : une salle qui porte sa mission de service public en allant à la rencontre d’un public généralement négligé, voire méprisé par la culture institutionnelle. Ainsi, à la volonté de soutenir l’érosion de la scène locale avec des concerts, des résidences mais aussi une offre de pépinière, s’ajoute celle de toucher tous les publics. Benoît Van Kote, programmateur, explique : « Il y a le public qui vient s’éduquer et celui qui vient se détendre. Ici, on a envie de croiser les jets en offrant une expérience augmentée. Parce que c’est ça l’esprit Django, c’est l’idée d’un lieu de croisement, de frottement. »

Photo : Bartosch Salmanski (www.128db.fr)

  • Des travaux comme une main tendue

 

Et quoi de mieux, pour croiser les jets, qu’un véritable lieu de vie ? Le directeur des lieux développe : « Depuis le début, la notion de lieu de convivialité est au coeur du projet ; les travaux sont un moyen de continuer à viser ce but. » Au programme de cette rénovation intérieure et extérieure, une extension de l’espace d’accueil sur près de 70 mètres carrés et la création d’un emplacement dédié au bar et à la petite restauration par l’agence locale LAMA architectes, et la transformation prometteuse du parvis du centre culturel par le collectif AKPE, auquel on doit la très colorée Rue du Jeu-des-enfants.  « Il y a une envie d’attirer le regard, d’être à la fois plus visibles et plus installés. Plus identifiés et incarnés… On ne veut pas être qu’un lieu de consommation culturelle, mais bien un lieu-repère. » Une ambition que le centre effleure déjà du bout des doigts comme l’explique Benoît Van Kote, chargé de la programmation : « On a plus en plus d’abonnés, des gens qui ont confiance en mes choix et se laissent surprendre. » Des gens qui peuvent se permettre de risquer une déception grâce aux tarifs imbattables négociés par le programmateur, qui n’a jamais proposé de places à plus de 20€ en deux ans ! « On n’est pas là pour gaspiller de l’argent… Mais on n’est pas là non plus pour en faire un max. Notre modèle n’est pas basé sur les recettes billetterie et bar mais sur des subventions, on fait donc l’entrée au tarif le plus bas possible dans la limite posée par les artistes. »

***

« L’idée, c’est de faire des ponts entre des concerts qui marchent bien et des actions culturelles qui ne semblent pas rentables sur le moment, mais qui crée une croissance… Le rêve, c’est que les enfants qui viennent aujourd’hui aux séances de cinéma en plein air reviennent adultes dans notre salle de concert ! »

Accessibilité, curiosité, croisement, frottement : pour mieux valoriser ce qui fait son esprit, l’Espace Django sera en travaux jusqu’au mois d’octobre. Pour autant le centre ne ferme pas et maintient son programme estival entre résidences de jeunes neuhofois et d’artistes locaux et saison culturelle hors les murs, dont la soirée Soul Train au MAMCS était un bel exemple.

Et vous, plutôt concerts aux fenêtres et cinémas en plein air ?
> Le programme, c’est ici.


Espace Django Reinhardt
4 Impasse Kiefer, 67100 Strasbourg (Neuhof)
Tram C – Arrêt : Neuhof Rodolphe Reuss

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