Le 14 mai prochain, Adidas inaugurera définitivement son nouveau siège français à Strasbourg après avoir quitté Landersheim, où la marque était implantée depuis presque un demi-siècle. Si cette nouvelle aventure strasbourgeoise représente un profond changement, ce n’est cependant pas le premier, étant donné que la marque était tout d’abord implantée à Dettwiller avant son installation en 1973 à Landersheim.

Un peu d’histoire…

Avec un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros à l’international en 2017 et plus de 700 millions d’euros sur le territoire français, la marque souhaite encore et toujours se développer, chose qu’elle a commencé à faire dès 1949 lors de sa création par Adolf Dassler (Adi pour les intimes). Avant 1949, Adolf était depuis 1924 co-fondateur de l’entreprise « Schuhfabrik Gebrueder Dassler » avec Rudolf, son frère. Mais la Seconde Guerre mondiale divise les deux frères : d’un côté parce qu’il était devenu impossible de réconcilier leurs femmes devenues co-gérantes, et de l’autre parce que Rudolf était un fervent nazi. Les deux frères prirent la décision de diviser l’entreprise en deux par un mur et de partager les équipements et les salariés… De cette séparation naquit Adidas (dirigé par Adolf) et Puma (dirigé par Rudolf). Si les deux frères sont décédés dans les années 70, la bataille entre les deux entreprises persiste : entre procès et luttes commerciales, les numéros deux et trois de l’équipement sportif (derrière Nike) ne se laissent pas faire.

Le siège de Puma étant à Illkirch-Graffenstaden, la stratégie d’Adidas de rejoindre Strasbourg serait-elle donc une suite logique à la lutte qui existe entre les deux marques ? Qui sait.

L’implantation d’Adidas à Strasbourg

En tout cas, même si le déménagement a été le sujet de plusieurs débats, il est surtout la conséquence d’une obsolescence du site de Landersheim et d’une modification de la politique d’Adidas concernant la stratégie de la marque à l’international, qui est de se rapprocher des collaborateurs parisiens.

Son implantation dans le nouveau quartier d’affaires « Archipel » du Wacken est une chance pour le rayonnement de la capitale européenne et permet à la marque de continuer son aventure alsacienne. Même si l’inauguration est prévue la semaine prochaine, le travail a déjà débuté depuis plus d’un mois, avec l’arrivée des 200 salariés dans les nouveaux locaux.

Le souhait de ce déménagement est de mettre en place de nouvelles initiatives économiques, d’un point de vue local et nationale, mais aussi de renforcer le bien-être des salariés travaillant pour Adidas ou pour Reebok.

Malgré les hésitations du groupe allemand, Adidas restera donc bien en Alsace et le nouveau bâtiment de 5000 m² s’offre un parrain de choix en la personne de Thierry Omeyer, gardien de but de l’équipe de France jusqu’à sa retraite internationale en 2017, double champion olympique, quintuple champion du monde, triple champion d’Europe, dix médailles d’or et vainqueur de quatre Ligues des champions.

À noter que si le siège de la marque quitte Landersheim pour Strasbourg, ce n’est pas le cas de son magasin d’usine qui ne bougera pas. Le siège laissera sa place à une académie internationale du vin, qui ouvrira ses portes en septembre 2018 à plus de 500 étudiants.

L’équipementier sportif allemand rejoint donc la liste des entreprises à s’implanter à Strasbourg et échappe à une délocalisation parisienne. Il sera prochainement rejoint par plusieurs bâtiments comprenant des résidences, des commerces, des bureaux, des hôtels et par une Arena moderne qui devrait remplacer le Rhenus actuel et prendre le nom de Crédit Mutuel Forum.

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