Flaubert, par un bel après-midi, discutait avec son ami en s’exprimant de cette sorte :« L’art ne réclame ni complaisance ni politesse, rien que la foi, la foi toujours et la liberté ». Aujourd’hui, art, foi et liberté représenteraient un sujet parfait pour chaque professeur de philosophie, mais au fond, comment se manifeste l’art ? Rencontre avec 5 jeunes artistes strasbourgeois, aux domaines artistiques divers.



JPS.Photo

Quentin Asset, étudiant au lycée René Cassin en « BTS Communication » : musicien et tourneur

La musique est un « complément au bonheur ». Cela fait maintenant 4 ans que Quentin a rejoint le groupe Lullabies en tant que bassiste. Sa passion de la musique  commence il y a 8 ans, au moment où ses goûts musicaux se sont réellement développés. Il me confie notamment que son amour de la basse est né de son affection pour les Beatles et plus précisément pour Paul McCartney.

Pour lui, la musique est également « un moyen d’évasion » qui lui permet de transposer ce qu’il ressent. Elle lui a également permis de trouver sa voie et construire son projet professionnel, en s’épanouissant dans ce milieu et en organisant les concerts du groupe notamment à Strasbourg (rôle du tourneur). Son objectif est maintenant de joindre une licence professionnelle à Metz, dans la gestion de projets et de structures artistiques et culturelles, pour devenir tourneur professionnel.

Il détient aujourd’hui une forme de liberté grâce à la musique. S’il m’avoue que les études ne sont pas toujours une partie de plaisir et que la suite ne sera pas toujours simple, il est conscient que « si notre génération risque d’être en galère, il vaut alors mieux galérer dans un domaine qu’on aime ». Son aventure au sein de Lullabies ne l’empêche pas pour autant de développer d’autres ambitions, il a notamment rejoint un autre projet en 2016, Esther Milon, et il est le tourneur de ROMOR. Actuellement, il est en préparation pour la formation d’un nouveau groupe pop. Musicien éclectique, sa playlist commence par Radiohead et finit par Lomepal, en passant par Mac DeMarco.



Patrice Bucher

Anna Muller, étudiante à la faculté des Sciences Sociales : comédienne et histoire de famille

Les 15h de cours par semaine d’Anna lui permettent d’aménager facilement ses activités. À son arrivée à Strasbourg il y a un an, elle intègre rapidement une troupe par le biais du foyer d’étudiant dont elle fait partie. Mais son histoire avec le théâtre commence à l’école primaire, très naturellement, étant donné que ses parents se sont rencontrés sur les planches. Chez Anna, le théâtre est donc une histoire de famille.

Si pour elle le théâtre est une réelle source d’inspiration, c’est aussi une addiction et une forme d’apprentissage qui lui permet, dans des oraux par exemple, de trouver une sorte de confiance ou même « une certaine sérénité dans ce que j’entreprends ». Elle apprécie également le fait de jouer la vie d’autres personnages, devenir une femme du XVIIème siècle, une journaliste américaine ou encore Georges Bush.

Pour Anna, le théâtre est une forme de liberté, de débat et d’expression universelle. Son expérience, notamment sur un projet à Calais avec des réfugiés, lui a permis de comprendre que les mimes, les costumes et l’interaction avec un public permettent de se faire comprendre sans forcément parler la même langue. De plus, les réseaux sociaux sont des outils importants pour mettre en lumière sa participation dans des pièces de théâtre. Quelquefois tête en l’air, il lui est arrivé d’oublier qu’elle avait une représentation le soir même, il lui restait donc 3 heures pour apprendre un texte (Auf Deutsch bitte).

Après une légère pause, elle a décidé d’intégrer il y a deux mois une toute nouvelle troupe, car « le théâtre favorise le vivre ensemble ».



Victoire Cucalón, étudiante à la faculté de Droit : violoniste et fière

« L’apprentissage de la musique, doit selon moi, être accessible à tous ». Victoire vient de finir sa 2ème année de droit, mais également de boucler son double cursus au sein de la CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) en droit, au lycée René Cassin. Si pour elle les études l’ont conduit à arrêter la pratique du violon en orchestre philharmonique, elle continue à en jouer chez elle, car c’est un moyen de « décompresser entre les cours » et de progresser dans un autre domaine que les études.

Ses débuts dans la musique commencent dès le CE2, grâce à une journée de découverte des instruments de musique avec des professionnels. Impressionnée par le son du violon, elle décide de s’y mettre avec le soutien de ses parents. Si ses modèles vont de ses professeurs à André Rieu ou encore Didier Lockwood, elle sait que l’orchestre lui a permis de rencontrer des personnes ayant une approche de la musique différente.

Si son emploi du temps est quelquefois compliqué, elle arrive quand même à participer à des concerts en tant que violoniste, notamment pendant la fête de la musique. De plus, elle est fière de partager sa passion avec ses amis, par le biais des réseaux sociaux, pour prouver que son instrument n’est pas réservé au domaine classique comme beaucoup le pensent. Au moment de finir l’entretien, elle rajoute qu’elle considère qu’il est important de pratiquer une activité extra-scolaire, car les compétences artistiques et intellectuelles sont très importantes. La musique lui a permis de s’épanouir et d’acquérir plus de rigueur.



Bruno Bosse, étudiant au lycée Le Corbusier en « Design Graphique » : illustrateur et Youtubeur

Pour Bruno, ses études en design graphique ont « changé sa vision du monde ». Ses formations en arts appliqués lui ont permis de découvrir et de développer des nouveaux styles. On notera ici l’utilisation de l’aquarelle, du fusain ou bien le dessin directement au stylo pour des croquis par exemple. Pour lui, ce n’est pas le matériel utilisé qui compte, mais ce que l’on souhaite en faire. Il y a également une réelle importance de s’inspirer du réel en dessin même si la liberté de création est également primordiale. De plus les visites de musées et les carnets de croquis sont deux choses indispensables à tout artiste. « Pas besoin de maître du dessin pour apprendre, la nature, les objets, seront vos maîtres, vos modèles » Rousseau.

Son style artistique se place entre le Pop art et le Street art, avec une pointe de gore et d’humour. Cela lui permet de reprendre des concepts existants pour les remixer, les transcender, le tout inspiré par de nombreux street artistes tel que Nychos ou Buffmonster. Il en développe par exemple des stickers reprenant ce principe (check son Instagram ✌).

Si l’organisation entre les études et sa passion n’a pas toujours été simple, l’autonomie qu’il a aujourd’hui lui permet d’avoir plus de temps pour se consacrer à son art, et notamment pour se faire connaître comme designer, par les réseaux sociaux ou encore sur Youtube, même s’il sait que la vie d’artiste est complexe.



Rui Serge Azevedo Brooks

Bastien Wasser, étudiant en année de césure : comédien, chanteur et acteur

Si cette année Bastien n’est plus vraiment étudiant, c’est après une décision de quitter sa licence en art du spectacle option cinéma. Trop théorique et pas assez de pratique, il voulait avant tout être libre d’exercer son art et découvrir de nouvelles choses. Aujourd’hui entre son travail à plein temps et sa dernière pièce de théâtre, sa motivation vient de l’espoir d’intégrer l’école « Studio Double Jeu » à Paris à la rentrée prochaine.

Son histoire avec le théâtre commence il y a 4 ans lorsqu’il décide de sauter le pas, même s’il chante depuis (presque) toujours. Il commence par prendre des cours de théâtre dans le but de réaliser ses rêves, devenir comédien ou acteur. S’il n’a pas d’acteurs préférés (même s’il semblerait qu’il adore les acteurs de Sense8), il admire essentiellement des acteurs qui avaient réussi à entamer très tôt leur carrière, notamment Zac Effron, Cole ou Dylan Sprousse…

Il considère que sa liberté artistique a fait de lui quelqu’un « d’extrêmement sociable », il va très facilement vers les gens et détient aujourd’hui une très bonne aisance à l’oral. De plus, ses rencontres lui permettent d’ouvrir de plus en plus de portes avec de nouvelles opportunités. Le cas Cooper, pièce de théâtre divulguant le mélange entre l’écriture d’un poète américain et l’énergie d’un groupe de rock, avec une mise en scène par Charlotte Luzier pour l’ARTUS est l’une de ses opportunités. L’utilisation des réseaux sociaux est là encore un bon moyen de partager son activité, il compte notamment ouvrir un compte Instagram dédié à son projet professionnel (affaire à suivre donc), notamment pour partager la magie qu’il ressent au moment des représentations.

« Aujourd’hui, nous sommes de plus en plus à vouloir faire de l’art notre métier, c’est une réelle source de motivation, chaque projet est une véritable victoire ».



Dans un monde où tout va de plus en plus vite, l’art est un moyen de s’évader et de réduire votre stress. Pour beaucoup, la musique, le dessin ou encore la comédie représentent une part importante du quotidien.

Si pour vous aussi l’art symbolise une foi en la liberté, continué à nous faire rêver.

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