J’adore vivre à Strasbourg : la semaine passe à toute vitesse entre travail, sport, sorties et soirées entre amis. Mais souvent pendant le week-end, je n’ai qu’une envie, partir en pleine nature. Au calme, comme pour vider tout ce trop-plein de la semaine. Rééquilibrer, respirer.

Il y a quelques temps, je suis allé le passer au Domaine de Basil, une ancienne étable à moutons, tenue par un couple français-suisse fort sympathique, et située à 10 km du Lac Blanc. Quatre jours dans les hauteurs d’Orbey, avec pour seuls voisins, des biquettes, des canards mais surtout Jack et Daniel, deux amours d’ânes, recueillis par la famille après avoir été maltraités par leurs anciens propriétaires. Deux frères en quête de tendresse, qui vous feront des câlins affectueux à chacun de vos passages.

Jack et Daniel

Installé sur un domaine à 700 mètres d’altitude, le gîte est composé d’une dizaine de chambres, allant de la chambre pour deux au studio pouvant accueillir une famille entière. Nous sommes venus à quatre, accompagné de notre border-collie, qui a, semble t-il, autant apprécier le week-end que nous, à le voir se rouler dans la neige subsistant sur les sommets. Ici les animaux domestiques sont acceptés, et c’est vraiment chouette pour les personnes qui ont pour habitude de randonner avec leur chien.

Arrivés le vendredi vers 13h, après avoir parcouru la route en lacet qui mène au domaine, nous avons été accueilli par une charmante jeune femme qui nous a octroyé nos chambres. Celles-ci sont très agréables, puisque nous possédons en plus de l’espace chambre, un petit salon, et une terrasse avec vue. Dans le bâtiment attenant, se trouve la réception et un adorable restaurant, la Cocotte Rouge. Décoré avec soin, on y trouve des tas de petits objets anciens, allant de la balance de cuisine de mamie, aux moules à gâteaux trop mignons, en passant par les ustensiles de cuisine en bois. J’ai toujours adoré les endroits plein de détails soigneusement choisis, un peu comme des trésors retrouvés au fond du grenier. Non seulement, on se sent chez soi dans ce restaurant ; réunis en famille au coin de la cheminée ; mais surtout on y mange excessivement bien.


Jarret braisé, Baeckehoffe, Choucroute, fondue, viande de gibier, burgers revisités, foie gras… On comprend pourquoi le restaurant s’appelle la Cocotte rouge lorsque l’on voit que la majorité des plats sont servis dans de grosses terrines alsaciennes posées au milieu de la table, pour un repas chaleureux et convivial. Ici tout semble venir du terroir, la nourriture,la décoration et même les éléments de table. C’est sans compter la gentillesse et l’humour des personnes au bar et au service.

Au domaine, tout est fait pour que l’on se sente comme à la maison. Jusqu’au grand bol d’œufs de Pâques et aux bouteilles remplies de dragibus et de nounours guimauve mis à disposition. Des petits détails qui font beaucoup pour des gourmands comme nous. Les propriétaires et le personnel sont plein de petites attentions.

Le gîte possède également une grande terrasse qui surplombe la vallée et un étang en contrebas où nagent les canards. Des fauteuils et des banquettes cosy y sont disposés pour prendre un encas, ou bouquiner tranquillement, le visage baigné par le soleil. J’ai plus bronzé là-bas en quatre jours que pendant mes quatre mois en Asie. Comme quoi, rien ne vaut l’air de la montagne !

Et effectivement, on sent la différence rien qu’en se levant le matin et en sortant sur la terrasse : l’air est pur et revigorant. Il y a une sorte d’énergie différente, un coup de fouet dès le réveil, il fait encore un peu frais, on respire. Ici on ne sent pas la saturation de la pollution, autour il n’y a rien à part des prés, de la forêt et des montagnes.

Au petit matin, un petit-déjeuner buffet nous attend au restaurant. Nous avons réservé trois nuits en demi-pension pour 55 euros par personne et par jour. En règle générale, lorsque nous allons en week-end faire de la randonnée, la demi-pension est idéale puisque nous partons pour toute la journée. Et effectivement, le buffet que l’on nous a servi, a largement suffit à nous repaître pour les heures suivantes.

Boisson chaude au choix servie à table, panière de croissants, de baguette fraîche et carafe de jus d’orange disposées au centre. Buffet de confitures variées et maisons, pâte à tartiner bio, fromages divers, charcuterie, fromage blanc et compote de pommes maisons , céréales, fruits… Il y en avait pour tous les goûts. J’ai d’ailleurs toujours aimé comparer les buffets petit-déjeuners, moi qui mange pour 15 dès le réveil, et celui-ci m’a beaucoup plu avec ses produits variés et faits maisons.

La journée, nous partions ensuite en randonnée dans les alentours et là aussi le choix est vaste. Les circuits balisés sont nombreux, Lac Blanc, Lac des truites, balade sur les Crêtes, sentier de huttes en huttes… Il y en a pour tout les types de sportifs, des balades aux grosses randonnées. Il est également possible de faire du VTT au Bike Park du Lac Blanc, et du ski en hiver. La route des vins et ses villages pittoresques sont quant à eux à peine 10 km. Nous avions encore de la neige sur certains sommets où nous sommes allés mais l’ensemble commence doucement à fondre. Avec 23 degrés en journée, le temps était vraiment idéal pour se ressourcer en pleine nature.

Nous rentrions en général au domaine en milieu d’après-midi, pour l’apéro hebdomadaire en terrasse. Quelle ne fût pas notre erreur, de craquer pour la planchette. Nous n’avons plus réussi à nous en passer les jours suivants. Composée de pâté de chevreuil, de saucisson sec de cerf, de saucisse de biche et de sanglier, le tout fait maison, j’ai détruit tout l’intérêt métabolique de la journée. Car oui les propriétaires possèdent également un domaine de chasse et une boucherie 100 pourcent gibier, et y a pas à dire, c’est excellent.

Comme dirait le propriétaire suisse, avec sa bonhommie et sa bonne humeur contagieuse : « En Alsace, y a qu’une chose qui travaille tout le temps : le foie. Soit on mange, soit on picole, soit on fait les deux. »

C’est le gros problème : tu viens en week-end pour faire du sport, mais derrière on te nargues avec du saucisson ou de la tarte aux myrtilles maison. Ça fait partie du jeu, quoi de mieux que de partager un bon vin autour d’un repas convivial entre amis ou en famille, après une journée à crapahuter dans la nature ? Les choses simples sont les meilleures.

Écrit par EMMA SCHNEIDER

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